
J'ai décidé d'ouvrir un chronique à périodicité aléatoire sur les breuvages canadiens. Quand je dis "breuvages", je devrais préciser bières en fait, car je ne me sens vraiment pas de commencer à discuter vin outre atlantique. Un blocage psychologique à la noix diraient certains, mais c'est comme ça.
Ceci dit, bière n'est pas vraiment le nom qui convient pour l'
ADN, qui, dois-je le préciser, n'est même pas canadienne (australienne en fait; si quelqu'un a déjà testé -Marie?- qu'il ou elle se manifeste). Bref une parfaite ouverture à mon sens pour un chronique appelée à parler d'autre chose.
Bon l'
ADN j'avoue, je n'ai pas goûté. Il parait que cela a le goût de citron vert et de vodka. Vous trouverez ça évidemment dans tout bon Beer Store, vendu dans des tubes en polypropylène qui résistent aux UV (je travaille trop moi...).
Tout ça pour dire qu'après trois mois, je me suis colletiné une quantité d'ADN assez phénoménale sans jamais y tremper les lèvres et que réciproquement je commence à avoir échantillonné quelques standards de bières canadiennes, qui à l'instar de tous les standards du monde semblent souvent bien fade en comparaison des petites brasseries indépendantes. Bientôt l'occasion d'attaquer les critiques en somme.
Et sinon, pour finir sur une note moléculaire, je citerai je ne sais plus qui, citation rapportée à mes oreilles lors d'une conférence sur les origines de l'humanité de Marc Stoneking ici à la MAC: le moléculariste a un avantage indéniable sur le paléontologue en ce qu'il est sûr que ses molécules ont des ancêtres tandis que le paléontologue ne peut qu'espérer que ses fossiles auront laissé des descendants...
Je suis sûr que mes chers amis du muséum apprécieront la boutade.
Bon promis la prochaine fois on parle de bière (ouais!)!
Le Nouveau-Brunswick c'est la province de l'orignal par excellence, rien de surprenant donc a ce que sa biere la plus celebre porte le nom de l'animal a long nez des forets d'erable. De la Moosehead, je n'ai goute jusqu'a present que la 'pale ale' n'etant generalement pas fan des 'lager' et la Moosehead Lager (l'ecusson vert) ayant par ailleurs une bien mauvaise reputation, moins enviable que celle de l'Alexander Keith, une autre lager du Nouveau-Brunswick a laquelle je ne trouve pourtant deja aucun charme.
Alors que vaut cette pale ale? Pas de quoi se reveiller la nuit pour devaliser le refrigerateur, mais au moins un petit rien de singularite qui lui procure quelque chose d'assez difficile a expliquer. Comme une petite saveur iodee qui n'est pas sans eventuellement rappeler les bieres bretonnes. Sans doute liee a l'etrange melange de malt et de mais qui donne naissance a cette biere. Le houblon europeen lui confere aussi un brin d'amertume mais sans que cela soit trop present. Une biere correcte, mais franchement, je m'attendais a mieux.
Juste pour les amateurs de biere, sachez qu'un des premiers maitres brasseurs de la Moosehead est l'inventeur du bac a mout tourbillonnaire a mouvement tangentiel qui servent a precipiter les proteines residuelles (j'en veux pas moi des proteines dans ma biere non mais!). Nan je vous jure.. C'est pas une blague... C'est pas encore une de mes fantaisies de moleculariste d'operette.
Vendredi 1 septembre 2006
Ah, parlons un peu des bières d'Ontario. La brasserie Sleeman, c'est facile: on passe devant lorsque l'on évite la traversée de Guelph pour filer vers le nord et la Georgian Bay. Sleeman propose un large éventail de bieres que je commenterai plus tard, ma préférence allant clairement à la Cream Ale, peut-être la bière la plus agréable que j'ai bue sur ce continent (avec la Blanche de Chambly) à ce jour. Les 'cream ale' partagent à la fois le caractere des 'ale' standard tout en ayant plus de douceur et de rondeur. Et la cream ale de Sleeman porte bien haut ces couleurs.
Et puis j'aime beaucoup l'esthétique tout en verre transparent des bières Sleeman, même si certains lui reprochent d'être responsables de l'odeur pas toujours agréable de ces breuvages (certains la qualifiant même d'odeur de moufette!).
Bref, une excellente bière, d'un goût accessible et pourtant très riche. Une première très bonne note canadienne.
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