Première nuit avec un peu de décalage dans les pattes. Ce con de Ronnie (le rhynoctérope) a oublié de me réveiller. Heureusement je suis à temps pour la petite promenade dans le campus avec Cathy, la responsable du séquençage chez nous. Elle doit bien avoir 30 ans, c’est dire si elle a l’air vieille mon équipe au Canada. Je fais à proprement parler le tour de la fac parce que tous nos équipements sont dispersés dans le campus. Ca me rappellera le bon vieux temps où je traversais le jardin des plantes du SSM à la Pal quasi-quotidiennement (ça, ça date).
Toujours pas vu mon chef : fait des travaux chez lui. Dur bosseur en somme ! Du coup je décide d’aller me promener en ville. Notamment pour aller m’inscrire à
la sécurité sociale locale. Une heure de bus pour la traversée est-ouest. La moitié dans le sens nord-sud. Intéressant. Je décide bien évidemment de rentrer à pied… 4 heures de marche. Cool. Bon
ça m’a permis de localiser les quartiers où je n’avais aucune envie de vivre (tout downtown en fait) c’est déjà ça. Et puis l’averse qui m’a trempé jusqu’aux os sur la fin c’était rien vous
pensez. Pourquoi est-ce que j’avais cru bêtement qu’il ne pleuvrait pas dans ce pays ?
Je rentre donc exténué, affamé et trempé. Méchante humeur.
Vais faire des courses au supermarché pour me détendre. Là ravi : des tas de produits frais, pleins de trucs asiat’ qu’il faudra tester de toute urgence quand Lor sera là, et puis des trucs indispensables : du pain, du beurre salé, des chips au vinaigre, des Oreo en veux-tu en voilà et même du jus de fruit tropicana (mon petit déj’ est sauvé !). Demain faut que j’ouvre un compte en banque. Après je commencerai à être au point.

Compte ouvert. 0 dollar dessus mais ici ça n’a l’air de déranger personne un compte sans sous. Tout est payant par contre : la moindre opération coûte quelque chose. Heureusement qu’ils sont bigrement gentils ces ontariens. Mon Anglais progresse petit à petit : je commence à moins chercher mes mots. Ici non plus les gens ne savent prononcer ni mon nom ni mon prénom. Ici aussi tout le monde pense que Paris est ‘une ville merveilleuse’. Je ne me sens pas de leur péter leur rêve. C’est sûr qu’à côté de Hamilton ceci dit, même Le Havre doit passer pour une ville merveilleuse… Ou Hanovre… Ah Hanovre, son ambiance chaleureuse, ses rues noires et son passé industriel. Ben Hamilton c’est pareil. Le sourire des gens en plus quand même. Et puis j’exagère parce que le quartier de la fac (Westdale) est super mignon, très british avec de petits cottages (et des caves en guise d’appartements…).
Midi, j’expérimente mon premier hot-dog canadien. La petite asiatique qui me l’a servi sur le perron du nouveau centre des étudiants (sous un peu de soleil enfin) s’étonne encore de l’assortiment de condiments que j’y ajoute, un peu le cerveau dans le vague, pensant à autre chose. Oubliez donc l’association chou-piment-cornichon doux-moutarde, elle ne vaut pas la peine, j’ai testé pour vous.
Sinon des tas de projets et pas mal de sous. Et puis des espaces privatifs pour moi partout : « ta place de PCR, ton espace de séquençage, ton bureau, ton ordi tout neuf, et tiens ton portable mac si t’en as besoin ». Ca fait tout bizarre quand on a toujours lutté pour avoir juste l’autorisation de poser son postérieur dans un labo.
Bon il n’empêche que j’ai bien failli y laisser ma peau et un œil quand même. Nan ? Si ! Je m'explique: bon, je me pointe au sous-sol du Phoenix, une espèce de bar pour étudiants. Là y’a le club photo de la fac et le ‘MACycle’ (la fac c’est la MAC, et j’imagine qu’ils ont tenté un jeu de mots pourri avec massacre ? Ils pourraient être paléontologues ces types…). J’arrive, je choisis un vélo dans le cimetière, on le remet debout, on voit que rien ne fonctionne, on change tout, je vous passe le détail. Un artiste le type qui m’a fait ça. C’était une loque ce vélo et il en a fait un pur sang. Violet moche mais un pur sang quand même. A 50CAD (à peu près 35€), je crois que c’est rentable.
« Une infection buccale de quelque sorte que ce soit, testez les chips President’s choice au vinaigre balsamique. SI vos dents ne se déchaussaient pas avant, cela va changer ! ».
"J’ai le complexe du corn flakes. Tous les matins ça me…" Mais qu’est-ce qui m’arrive, moi ? Ca y est, contaminé par la musique de Lor que j’ai enregistrée sur mon portable avant de partir.
A la demande générale de mon ami Jean-Philippe, je vous envoie une photo de
mon vélo avec moi dessus. Le cadrage vaut ce qu'il vaut, mais Ronnie n'est pas encore très à l'aise avec les appareils photo numériques, et je vous rappellerai également qu'il n'a que trois
doigts par main ce qui ne lui facilite pas la tâche. Et puis sur cette photo on croirait presque qu'il est neuf ce vélo.
Du soleil
et quelques nuages|16°C|1002 HPa|43% d'humidité| Vent N-O, 15Km/h|
Derniers Commentaires