Lundi 3 septembre 2007
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18:32

A force de faire le tour des
parcs zoologiques ici ou là, nous commençons à avoir une idée assez précise de ce qui se fait de bien ou de moins bien dans les échantillons de biodiversité vivante. Dans ce registre, le zoo de
Toronto ne restera pas dans nos mémoires comme un exemple de réussite.
En dépit du cadre (le Rouge Park à l'est de la ville, un espace préservé de cette fôret climacique d'érables et de chênes) et de la surface occupée, ce zoo réussit l'exploit de faire marcher ses
visiteurs sur des kilomètres pour ne presque rien leur donner à contempler que l'artifice des huttes, des rochers et l'omniprésence des tables de pique-nique.
Il faut dire que c'est important la table de pique-nique, la famille canadienne débarquant au zoo armée de sa poussette double ou triple, mais aussi bien souvent d'un "chariot a bébé" à traction
humaine, souvent rempli des accessoires indispensables de la journée: la glacière, les chips et éventuellement les enfants desquels il ne s'agirait pas d'user la plante des pieds déjà fragilisée
par un taux inhabituel de gras saturés dans le sang.
Le parc, revenons au parc...
Le parc donc tient rarement ses promesses animalières, l'indigence et l'aridité des enclos laissant au mieux à voir des créatures hagardes, des carnivores stéréotypant à fond, et des hippopotames à
peine capables de se tenir sous l'eau dans des bassins sans doute moins larges que le jacuzzi du canadien moyen. Finalement, ce sont encore les écureuils gambadant librement sous le couvert de la
fôret qui ont l'air le plus en forme.
Les espaces les moins rates tiennent sans doute aux bâtiments censés réunir les animaux par affinités géographiques. Si c'est bien le cas, la cohérence systématique, et surtout le contenu
pédagogique de la visite font pâlir. Je sais que l'on ne vient pas nécessairement au zoo pour apprendre des choses, que la contemplation peut suffire si l'objet le mérite (ce qui n'était guère le
cas), mais tout de même: avoir la chance de disposer à la fois de rhinocéros d'Inde et d'un rhinocéros blanc (exemple pris au hasard), et ne même pas profiter de l'occasion pour en montrer les
similitudes et les différences, c'est vraiment tenir le visiteur pour un indécrottable abruti.
Ce sentiment ne s'améliore guère lorsque l'on s'attarde près de l'entrée/la sortie. On y retrouve pas moins de DEUX magasins de souvenirs, l'un étant totalement dépourvu de livres et l'autre ne
présentant quasiment que des ouvrages dédies aux... dinosaures... Parce que figurez-vous que les dinosaures sont à la fête au zoo de Toronto; ils sont en effet l'objet d'une exposition temporaire
qui s'intercale entre "le zoo du quatrième age" et "Barbie fait du safari". Une exposition sur les dinosaures (live!) dans un parc zoologique donc... Et cela ne dérange personne. Il faut dire que
les dinosaures, c'est tellement plus sympa que les loutres ou les castors; un stégosaure, ça ça en jette au moins, alors qu'est-ce que vous voulez qu'on en fasse de vos panneaux "espèces en voie
d'extinction", qui semblent baliser le parc comme autant de signes d'excellence, puisque de toute façon notre belle science saura nous ramener incessamment tout ce qui a de la gueule. Et puis le
reste, les rats nus du désert toutes ces conneries, sincèrement, on s'en fout un peu.
Près de l'entrée, vous trouverez également l'inévitable parc d'attraction pour enfants avec jets d'eau et piscine pour gros porcs intégrée, un régal pour les yeux. Juste dommage qu'ils n'aient pas
eu la justesse d'insérer le tout au beau milieu de l'espace dédié aux Amériques.
Enfin, last but not least: LE SIMULATEUR!

Parce que si
certains parmi vous estimiez encore, pauvres archaïques, que l'on peut avoir envie d'aller au zoo pour approcher des animaux en trois dimensions, avec leur odeur, leur façon de rester la à ne rien
faire parce que ce ne sont pas des bêtes de cirque, eh bien ceux-la risquent d'être déçus. Au zoo de Toronto, on ne vous propose pas moins qu'un simulateur de safari! Non, non vous ne rêvez pas:
vous pouvez monter a bord d'une espèce de capsule spatiale qui va reconstituer pour vous les affres de la ballade en jeep au beau milieu de la savane, cerné par la faune sauvage tout ce qu'elle a
de virtuelle et docile.
Pour moi ce fut la goutte de trop. Sincèrement, heureusement que Tybalt a pu voir en vrai ses premiers éléphants d'Afrique, cela nous a presque sauvé la journée.
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